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Koyasan, Préfecture de Wakayama, Japon.

N’avez-vous jamais rêvé d’une retraite spirituelle dans un monastère, de dormir dans un temple bouddhiste ou de pratiquer la méditation dans un lieu naturel exceptionnel ? Si vous caressez ce doux projet, alors Koyasan, au Japon, est la destination qui vous permettra d’approcher cette expérience.

Koyasan : l’un des sites les plus sacrés du Japon

Qu’est ce que Koyasan ? Ce nom signifie « Mont Koya » en Japonais.

– D’abord, c’est la 2e montagne la plus sacrée du Japon après le Mont Fuji.

– Ensuite, Koyasan désigne le sanctuaire bouddhiste édifié il y a 1200 ans sur le plateau montagneux et boisé du Mont Koya, à 100 km au sud d’Osaka, dans la préfecture de Wakayama.
Cet ensemble de monastères bouddhistes et sa nécropole comptent parmi les sites les plus sacrés du Japon. D’ailleurs, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, il attire chaque année des millions de visiteurs et de pèlerins fascinés par ce haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon.

– Enfin Koyasan désigne la petite ville qui s’est développée autour du sanctuaire sacré, (presque) à l’écart du reste du monde.

Des 2000 temples qui existaient à Koyasan au 17 e siècle, il n’en reste aujourd’hui qu’une centaine, dont 52 proposent l’hospitalité. Séjourner dans ces temples-auberges, les « shukubo », est l’occasion de vivre plusieurs expériences uniques que nous vous décrivons dans cet article de notre blog de voyage Heulys.

Comment vivre une expérience unique à Koyasan ?

A. Que voir à Koyasan ?

1. C’est par Kôbô Daishi que tout a commencé.
2. Koyasan : au coeur de la cité monastique
3. Okuno-in : la nécropole sacrée
4. Le centre spirituel de Koyasan : Danjo Garan et Kongobuji

B. Vivre des expériences uniques

1. L’expérience monastique : dormir dans un Shukubo
2. L’expérience culinaire : la cuisine shojin-ryori
3. L’expérience spirituelle bouddhique : L’O-tsutome

C. Conseils pour réussir votre voyage à Koyasan

1. Les shukubo, véritable expérience insolite ou piège à touristes ?
2. Comment choisir son temple-auberge ?
3. Comment aller à Koyasan ?
4. Quand y aller ? 

En bonus, la vidéo : Koyasan (Japon) Les Secrets d’une Cité Sacrée

Accéder directement à la carte de Koyasan

A. Que voir à Koyasan ?

1. C’est par le moine Kôbô Daishi que tout a commencé.

En l’an 816, un moine nommé Kûkai, plus connu sous le nom posthume de Kôbô Daishi (Grand Instructeur de la Loi), introduisit au Japon l‘école bouddhiste ésotérique Shingon après avoir étudié ses enseignements en Chine. L’adhésion des fidèles à cette nouvelle forme de pensée est telle qu’aujourd’hui encore, le bouddhisme Shingon compte plus de 10 millions d’adeptes et fait de Koyasan un haut lieu de pèlerinage. Le moine Kôbô Daishi est l’un des personnages religieux les plus vénérés au Japon.

Il établit son monastère dans un lieu exceptionnel, à l’écart du monde, au coeur du Mont Koya. Depuis plus de 1000 ans, les moines y mènent une vie ascétique dédiée à l’étude, à la méditation et à la prière pour le bien être des hommes.

2. Koyasan : au coeur de la cité monastique

Ayant quitté Osaka pour rejoindre la gare de Gokurakubashi, aux pieds du Mont Koya, nous prenons le funiculaire qui mène à Koya san. Au cours de notre ascension, qui ne dure que quelques minutes, nous traversons les brumes accrochées à la montagne sacrée et observons « d’en haut » les cimes des conifères de la forêt. L’atmosphère se révèle déjà mystérieuse…

Au sommet du plateau, un bus conduit les visiteurs au centre de la cité bouddhiste. Ayant franchi l’imposante porte Daimon, nous circulons sur l’artère principale de la cité religieuse. Elle est flanquée de temples, mais également de quelques commerces, restaurants, boutiques de souvenirs et d’un centre d’information touristique. Des petites rues secondaires mènent également à d’autres monastères.

Koyasan japon lac hasu

Pont sur le lac Hasu

Il faut à peine 10 minutes pour traverser en bus la petite cité.  C’est donc à pied que la plupart des visiteurs découvrent le fabuleux patrimoine religieux construit par Kôbô Daishi et ses disciples. En marchant au coeur de Koyasan, ils découvrent un magnifique pont traditionnel qui enjambe un étang paisible (l’étang Hasu-Ike). Il mène à un petit sanctuaire situé sur l’une de ses rives.

Ce lieu est magique.  

Après avoir rejoint le temple Jokiin qui nous héberge pour la nuit, nous partons découvrir le site le plus sacré de Koya san (et l’un des plus sacrés du Japon), le sanctuaire Okuno-In.

3. Okuno-in : la nécropole sacrée du Mont Koya

Cet immense cimetière, situé à l’extrémité Est de la cité, abrite le mausolée de Kôbô Daishi. C’est pour lui que depuis plus de 1000 ans, des milliers de pèlerins viennent chaque année se recueillir.

okuno in koya san japon

Pour commencer, depuis le pont Ichi-no-hashi, qui constitue l’entrée du cimetière Okuno-in, nous empruntons le chemin pavé de 2 km qui mène au mausolée. Il traverse une forêt de cèdres millénaires, de cyprès et de conifères. Il est jalonné de 200 000 tombes et mémoriaux bouddhistes stupas, torii, statues, pagodes, tous recouverts de végétation et de mousse. Ces monuments commémoratifs en pierres sont dédiés à la mémoire d’hommes ordinaires mais également à celle de princes féodaux, samouraï, et moines.

japon cimetière okuno-in

Stèles, tories, stupas dans le cimetière Okuno-in

La lumière du jour peine à pénétrer la forêt sombre. Les bavoirs rouges des jizos, petites divinités qui protègent les enfants, apportent une touche de couleur vive dans cet environnement vers et gris.

koyasan okuno-in jizos

Les femmes qui ont perdu un enfant mettent un bavoir autour de petites divinités appelées « jizos »

Enfin, après une heure de marche, ébahis par ce foisonnement de stèles anciennes, nous franchissons le pont Gobyô-bashi qui mène au lieu le plus sacré du Japon, le mausolée de Kôbô Daishi. Selon une croyance ancienne, le moine est assis en méditation, toujours en vie, en attendant la délivrance de tous les êtres humains. Dans ce coeur spirituel de Koyasan, les fidèles venus rendre hommage à l’illustre moine se purifient et s’inclinent devant son mausolée. En face, le temple Tôrô-do est illuminé par les 10 000 lanternes offertes par les fidèles.

koyasan pelerins mausolee de kobo daishi

Rituel de purification

Malgré le grand nombre de touristes et de fervents pèlerins présents dans la ville, nous ne ressentons nullement la sensation de foule dans cette forêt silencieuse. La sérénité du cimetière Okuno-in nous transporte dans un univers très mystique et intemporel.

4. Le centre spirituel de Koyasan : Danjo Garan et Kongobuji

Danjo Garan (Temple Sacré), premier complexe monastique construit par Kôbô Daishi et ses disciples, est le centre du bouddhisme Shingon. C’est également le deuxième site le plus sacré de Koyasan. Il est constitué d’un ensemble de bâtiments inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. La pagode rouge carmillon Konpon Daitô domine le Kondô (Hall d’Or), premier pavillon construit du complexe et la Porte Chumon. Le musée Reiho-kan abrite les trésors de la cité religieuse.

koyasan japon danjo garan

Danjo Garan. Au premier plan le temple Kondo et derrière la pagode Konpon Daitô.

De l’autre côté de la route, le temple Kongobuji est resté le coeur de l’école bouddhiste Shingon, administrant près de 4000 temples au Japon et ailleurs. Sa visite permet de découvrir les magnifiques fresques bucoliques peintes sur les parois coulissantes. De plus, il abrite le plus grand jardin de pierres du Japon, appelé Banryutei. Il est dit que les pierres en granit symbolisent deux dragons émergeant d’un nuage, lequel est représenté par le sable ondulé. Ce paysage sec invite à la méditation.

koyasan temple kongogujo et jardin banryutei

Jardin sec Banryutei au coeur du temple Kongobuji

B. Vivre des expériences uniques

Etre hébergé dans un shukubo, temple-auberge administré par les moines, permet de vivre des expériences inhabituelles, notamment de découvrir la vie monastique quotidienne, de participer à un office religieux et enfin de découvrir la cuisine bouddhiste shojin ryori.

1. L’expérience monastique : dormir dans un shukubo

Le temple Jokiin où nous avons séjourné est idéalement situé juste à côté du complexe Danjo Garan, au coeur même de la ville.
En franchissant la porte du monastère, nous admirons son magnifique jardin, paré des couleurs automnales.

Koyasan dormir dans un temple

Entrée du temple Jokiin

Un jeune moine nous accueille chaleureusement puis explique les règles de vie du temple (lesquelles s’appliquent également aux moines), à savoir : dîner à 17h30, couvre-feux à 22h. Le lendemain, rituel de la prière matinale à 6h et petit déjeuner à 7h30.
Evidemment, le point dur de la journée est l’heure du lever, mais nous le savions en arrivant !

Ayant chaussé les sandales mises à notre disposition pour circuler à l’intérieur du temple, nous suivons le moine pour une visite des lieux. Puis nous sommes conduits à notre chambre. Celle-ci a pour simple décor, une table basse, un petit chauffage d’appoint et un écran de télé. Les futons et couettes sont rangés dans l’un des placards muraux et seront disposés sur les tatamis après le dîner.

Deux Yukata, déposés sur la table basse, permettront de circuler dans le temple et de nous rendre au bain alimenté par des sources chaudes naturelles (onsen) également situées à l’intérieur du temple.

Toutes les chambres possèdent la wifi. Les monastères de Koyasan ont su conserver les traditions bouddhistes tout en s’ouvrant à la modernité technologique.

En synthèse, l’hébergement est proche d’un ryokan, auberge traditionnelle au Japon.

A 17h30 tapante, un moine apporte notre dîner servi sur un plateau. Exclamation de plaisir : quel régal pour les yeux !

2. L’expérience culinaire : le shojin-ryori

De quoi s’agit-il ? La cuisine shojin ryori est la cuisine végétarienne typique de la tradition bouddhiste Shingon. Les repas, à base de légumes et de plantes de saison sont cuisinés par les moines du temple. Cette cuisine répond à des règles bouddhiques très précises : les aliments ont subi 5 modes de cuisson différents : (grillés, frits, marinés, plats à base de tofu et une soupe Miso) afin d’exhaler les saveurs naturelles de chaque ingrédient.

La disposition esthétique des petits plats ronds, agréablement décorés, la variété des couleurs, nous séduisent immédiatement. L’art de la table revêt une grande importance au Japon et en particulier dans la cuisine shojin ryori, comme le rappelle l’écrivain Tanizaki Junichiro :

La cuisine japonaise n’est pas une chose qui se mange, mais une chose qui se regarde, mieux encore, qui se médite.

Au menu : assortiment de légumes vinaigrés avec de la pâte miso, de plantes sauvages marinées dans une sauce au soja, des petites quantités d’aubergines, de champignons frits, du tofu au sésame, une soupe de soja, des tempuras de légumes cuits, une salade d’algues, deux tranches d’oranges, le tout accompagné de riz cuit à la vapeur et du thé.

koyasan cuisine shojin-ryori

Notre dîner . Hum, que des surprises !

Bien que les textures et les saveurs de la cuisine shojin ryori soient inhabituels pour notre palais occidental, nous sommes enchantés par ce repas très copieux 🙂 .

3. Vivre une expérience spirituelle bouddhique : L’O-tsutome

Enfin, la véritable expérience que peut offrir un shukubo de Koyasan est la participation à un office bouddhique.
A 6 h 30 nous nous rendons dans la salle des prières, faiblement éclairée par des lanternes.
Pour commencer, le Grand Prêtre explique le déroulement de la prière matinale qui, précise t-il, n’est pas un « show » pour touristes mais un office bouddhique solennel quotidien. Les photographies ne sont pas autorisées.

koya san kondo moine bouddhiste shingon

Moine priant devant le Kondo

Le Grand prêtre et un moine récitent les mantras au rythme monotone du gong frappant le tambour.
Les hôtes présents sont invités à brûler l’encens et à s’ incliner devant les images de Bouddha pour une courte prière. L’odeur de l’encens qui se diffuse lentement et la monotonie des chants nous immergent dans une atmosphère méditative, irréelle.

Est-ce que cela a du sens pour un Occidental de participer à une prière bouddhique ? Bien sûr, s’il a la curiosité de découvrir, sinon de comprendre, et d’accepter l’existence d’une pensée qui lui est complètement étrangère. Après tout, chacun peut donner libre cours à sa propre spiritualité.

Enfin, à l’issue du service bouddhique qui dure une trentaine de minutes, nous sommes conviés à prendre notre petit déjeuner dans une grande salle. A nouveau, nous goûtons aux saveurs raffinées de la cuisine shojin-ryori.

Pour conclure, la visite de Koyasan, l’un des sites sacrés du Japon, nous emporte hors du temps. Malgré le nombre de touristes et de pèlerins (surtout présents les week-ends), Koyasan est resté un lieu magique  qui invite à la spiritualité.  

En bonus, la vidéo : Koyasan (Japon) Les Secrets d’une Cité Sacrée


C. Conseils pour préparer votre visite de Koyasan

1. Le shukubo, véritable expérience insolite ou piège à touristes ?

Les voyageurs qui postent des avis sur internet sont soit très enthousiastes, soit déçus par leur expérience dans un shukubo. Les critiques concernent principalement le coût de l’hébergement et/ou le manque de confort.

D’abord précisons que la visite de Koyasan peut se faire dans la journée, sans dormir dans un temple. Il existe des hébergements à Gokurakubashi.

Coût de l’hébergement

Certes, une nuit dans un shukubo coûte plus cher que dans un hébergement standard. Mais le prix, différent d’un temple à un autre, est un forfait qui comprend l’hébergement + 4 repas shojin ryori (pour un couple) + participation à la cérémonie de prières. De plus, l’hébergement est situé au coeur d’un site classé par l’UNESCO. Les repas végétariens shojin ryori sont très raffinés (top class) et coûtent cher (prix généralement supérieurs à 5000  yen par personne).

Par conséquent, ces prestations supplémentaires, évaluées à au moins 100 euros (4 repas raffinés + cérémonie) doivent être rajoutées au budget « hébergement » à Koyasan.

le confort d’une chambre traditionnelle japonaise

Si vous pensez que dormir sur un futon, dans une chambre peu chauffée, devoir se réveiller tôt, ne pas avoir de douches ou sanitaires individuels et/ou manger végétarien vous est insupportable, alors visitez le site dans la journée et repartez le soir.

Dormir dans un shukubo a été pour nous une expérience unique. Nous avons savouré l’atmosphère mystique et spirituelle.

2. Comment choisir le temple ?

Il faut réserver longtemps à l’avance :

– sur le site http://eng.shukubo.net/reservation.html (en anglais), association des shukubo de Koyasan. Le site donne une description synthétique de chaque monastère.
– et/ou sur les plateformes de réservation comme Booking ou Japanicam.com. Cette solution permet de lire les avis des voyageurs et de comparer ainsi la notation globale avec le prix de l’hébergement.

Nous avons recherché un temple à taille humaine, au budget raisonnable et bien coté. C’est ainsi que nous avons choisi le temple Jokkin que nous recommandons.
A noter que la plupart des shukubo acceptent les cartes de crédit.

3. Comment y aller

Consulter directement la liste des moyens de transport

A priori, l’accès à Koyasan pourrait sembler fastidieux. En effet, il faut choisir entre 3 lignes de trains, puis prendre le téléphérique et enfin un bus pour arriver au coeur de la cité religieuse. Mais dans les faits, tout est bien organisé et expliqué, de sorte que le trajet depuis Osaka ne dure que près de 2 heures.

Le trajet Osaka ou Nara vers Koyasan n’est pas couvert par le JR Pass. En revanche, pour les visiteurs étrangers, il est possible d’obtenir un « forfait Koyasan » à la gare de Namba. Il comprend le trajet aller/retour en train, funiculaire et bus et certaines visites gratuites.

4. Quand y aller ?

Les meilleures périodes sont l’automne et le printemps. Eviter de visiter le Japon en été car les températures sont chaudes et surtout très humides.
Eviter aussi les week-ends très chargés.

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